Nom de l’auteur/autrice :Milica Klajic

Non classé, Poésie

Le conte sanglant / Krvava bajka

Le conte sanglant Ce fut dans une terre de paysansDes Balkans montagneux,Une compagnie d’élèvesMura d’une mort de martyrEn un jour La même annéeIls naquirent tous,Leur jours d’école s’écoulaient de la même façon,Ils furent emmeréAux même évènements,Tous vaccinés des même maladiesEt tous moururent le même jour Ce fut dans une terre de paysansDes Balkans montagneux,Une compagnie d’élèvesMoura d’une mort héroïqueLe même jour Cinquante cing minutesAvant l’instant fatidiqueLa petite compagnieÉtait assise sur les bancs  de l’écoleEt résolvait les mêmes problèmes difficiles:<< si le voyageur marche à pied…>>Et ainsi de suite Leur pensées étaient pleinesDe mêmes chiffresEt dans leurs cartabler des cahiersSur lequel reposaient d’inombrablesDeux et cinq inserés Ils serraient au fond de leurs pochesUne poignée de mêmes rêvesEt de mêmer secretsPatristiques et amoureux Et il paraissait à tousQu’encore longtempsBien bergtempsIls courraient sous la roûte bleuTant qu’ils ne résoudraient pasTout les problème du monde Ce fut dans une terre de paysansDes Balkans montagneuxUne compagnie d’élèvesMoura d’une mort héroique le même jour Da rangée entière de garçonsSe sont données la mainEt de leur dernière heure de classePartirent calmement* au peloten           *en paixComne si la mort n’était rien Des rangées entières de camaradesS’élevèrent le même instantJusqu’à l’éternelle demeure. Krvava bajka Bilo je to u nekoj zemlji seljakana brdovitom balkanu,umrla je mučeničkom smrćučeta đakau jednom danu. Iste su godinesvi bili rođeni,isti su im tekli školski dani,na iste svečanostizajedno su vođeni,od istih bolesti svi pelcovani,i svi umrli u istom danu. Bilo je to u nekoj zemlji seljakana brdovitom Balkanu,umrla je mučeničkom smrćučeta đaka u jednom danu. A pedeset i pet minutapre smrtnog trenasedela je u đačkoj klupičeta malenai iste zadatke teškerešavala: koliko možeputnik ako ide peške…i tako redom.Misli su im bilepune istih brojkii po sveskama u školskoj torbibesmislenih ležalo bezbrojpetica i dvojki. Pregršt istih snovai istih tajnirodoljubivih i ljubavnihstiskalo se u dnu džepova.I činilo se svakomda će dugo,da će vrlo dugotrčati ispod svoda plavadok sve zadatke na svetune posvršava. Bilo je to u nekoj zemlji seljakana brdovitom Balkanu,umrla je mučeničkom smrćučeta đaka u istom danu. Dečaka redova celiuzeli su se za rukei sa školskog zadnjeg časana streljanje pošli mirnokao da smrt nije ništa.Drugova redovi celiistog časa se uznelido večnog boravišta. Desanka Maximovic/ MaksimovicTraduit par Miljan ARSENIJEVIĆ

Tourisme

Požarevac, petite ville à grandes histoires

À seulement soixante-quinze kilomètres de Belgrade, Požarevac surprend par ce contraste rare : une ville modeste par son étendue, mais prestigieuse par les événements qu’elle a traversés. Dans cette plaine de l’Est serbe se sont décidées des frontières, des pouvoirs, et parfois même des destins impériaux. Il suffit de s’y arrêter un instant pour que la ville révé­ler son importance. L’origine du nom Son nom porte déjà un récit : en serbe, požar signifie feu. Požarevac serait donc, littéralement, « la ville du feu ». Certains y voient l’empreinte d’un incendie, d’autres préfèrent la légende du seigneur Zmaj Ognjeni Vuk, qui aurait incendié les roseaux d’un marais pour débusquer des soldats ottomans. Le feu comme métaphore, le feu comme mémoire. L’histoire de Požarevac Fondée officiellement en 1467, la ville existait déjà avant comme lieu d’habitat stratégique, au croisement de trois fleuves. Pourtant, ce sont ses « entrées » dans l’Histoire qui la rendent exceptionnelle. En 1718, Požarevac se trouve au cœur d’un coup d’éclat diplomatique : le Traité de Požarevac met fin à la guerre austro-ottomane et redessine la carte des Balkans. Belgrade et plusieurs territoires passent sous contrôle habsbourgeois, l’Empire ottoman recule. Pour quelques mois, cette ville devient le lieu où se décide l’équilibre en Europe du Sud-Est. Au début du XIXᵉ siècle, le prince Miloš Obrenović fait de Požarevac sa seconde capitale et y installe en 1821 le premier tribunal moderne de Serbie. Le pouvoir se structure, l’État se reconstruit, et Požarevac affiche son ambition. Lors du recensement de 1834, le district de Požarevac est le plus peuplé après Belgrade, preuve que la ville ne se contente pas de briller : elle attire. Contenu adapté à partir d’une œuvre sous licence CC BY-SA 4.0 – auteur original : Ljupko Curcic, source : File:Ljupko Curcic – Okruzni sud u Pozarevcu, Srbija.jpg – Wikimedia Commons Požarevac, mémoire de l’Empire Mais pour comprendre l’ampleur de son influence, il faut remonter encore plus loin. À Kostolac, l’une des deux municipalités formant la ville actuelle, se trouve Viminacium, ancienne capitale romaine et camp de la Légion VII Claudia : amphithéâtre de 12 000 places, thermes, quartiers résidentiels, plus de 16 000 tombes fouillées et même un mammouth fossile.  Le site est l’un des plus riches de son genre en Europe du Sud-Est. Une entreprise locale justement, Drvo AS (société de bois à Ćirikovac, village entre Požarevac et Kostolac), a contribué à la construction du musée de Viminacium en produisant les portes en bois : un bel exemple de patrimoine ancien relié à l’économie d’aujourd’hui. Contenu adapté à partir d’une œuvre sous licence CC BY-SA 4.0 – auteur original : Tosva, source : File:Eksponat Narodni muzej Pozarevac 05.jpg – Wikimedia Commons. Čačalica, mémoire de Požarevac Surplombant tout, la colline Čačalica (208 m) domine Požarevac comme un poste de veille silencieux. Son relief doux contraste avec la charge historique qu’elle porte. Le parc-mémorial qui s’y déploie n’est pas seulement un espace de verdure : il est un lieu de recueillement, dédié aux résistants de la Deuxième Guerre mondiale, à leur courage, à leurs sacrifices. Les sentiers invitent à la marche lente, presque respectueuse, tandis que le calme environnant amplifie la solennité du lieu.Au sommet, le monument « Zvezda » pointe vers l’horizon. Épuré et puissant, il capte la lumière et le regard, reliant le passé au présent. Ici, la mémoire s’élève, et la contemplation s’impose naturellement, entre ciel ouvert et histoire gravée dans le silence. Contenu adapté à partir d’une œuvre sous licence CC BY-SA 4.0 – auteur original : Bojan Cvetanović, source : File:Spomenik slobode i pobede nad fašizmom „Zvezda“, Požarevac.jpg – Wikimedia Commons. Požarevac en fête : Jeux de Ljubičevo Mais Požarevac sait aussi faire la fête. Chaque début septembre depuis 1964, les Jeux équestres de Ljubičevo transforment la ville en un théâtre vivant de tradition et d’émotion. Nés autour du haras de Ljubičevo, l’une des plus anciennes installations équestres de Serbie — fondée au XIXᵉ siècle sur ordre du prince Miloš Obrenović et renommée par son fils en hommage à la princesse Ljubica — ces jeux célèbrent le cheval, l’adresse des cavaliers et les valeurs de bravoure qui font partie de l’âme locale. Durant trois jours, Požarevac s’anime d’un carnaval de parades historiques, de courses effrénées, de concours de saut, de relais et d’épreuves spectaculaires mêlant habileté médiévale et sport équestre. Parmi les moments forts figure le prestigieux Ljubičevski višeboj, un pentathlon où les compétiteurs démontrent leur maîtrise au sabre, à l’arc, au lancer de lance ou encore en relais — un hommage vivant aux arts chevaleresques d’autrefois. Mais les jeux ne se limitent pas à l’hippodrome : ils envahissent la ville. Un grand défilé accueille habitants et visiteurs dans les rues de Požarevac, suivi de concerts, d’animations et de moments festifs qui font de cet événement un rendez-vous culturel majeur du calendrier local. Chaque édition attire des milliers de spectateurs, venus applaudir les performances sportives, mais aussi profiter de la musique, des spectacles et de l’atmosphère conviviale qui règne jusqu’à tard dans la nuit. Ainsi, pendant que l’hippodrome célèbre la force et l’agilité du cheval, Požarevac s’embrase de joie et de couleurs : une ville d’histoire qui, chaque année, troque ses airs de bastion culturel pour ceux d’une arène populaire où tradition et festivités se mêlent avec éclat. Figures marquantes de Požarevac Požarevac ne se raconte pas seulement à travers ses pierres ou ses paysages, mais aussi à travers les femmes et les hommes qui ont marqué son histoire. De la lutte pour l’indépendance à la création artistique moderne, la ville a vu naître ou s’épanouir des figures dont l’influence dépasse largement les frontières locales. Milenko Stojković (1769–1831) fut l’un des chefs militaires majeurs du Premier soulèvement serbe contre l’Empire ottoman. Commandant respecté, il joua un rôle décisif dans la libération de l’est de la Serbie, notamment dans la région de Požarevac. Stratège redoutable, il incarne la transition entre la résistance locale et la naissance d’un État serbe moderne. Son action s’inscrit dans un mouvement plus large d’émancipation des peuples

Tourisme

Jagodina, perle méconnue du centre de la Serbie

Découvrez Jagodina, une ville historique au cœur de la Serbie. Entre patrimoine, musées, gastronomie et nature, explorez cette perle méconnue de la vallée de la Morava. Histoire et patrimoine de Jagodina De la route romaine aux dynasties serbes Au cœur de la vallée de la Morava, se trouve Jagodina, une cité à l’histoire ancienne et au charme discret. Mentionnée pour la première fois au XIVᵉ siècle dans les documents de la princesse Milica, Jagodina doit son importance à sa position stratégique à côté de l’ancienne route romaine reliant Rome à Constantinople en passant par la vallée de Morava.  Encore aujourd’hui, les environs regorgent de sites archéologiques peu connus, notamment autour de Rekovac, témoignant de la richesse historique de la région. Grâce à sa situation géographique et à son dynamisme, Jagodina a toujours joué un rôle clé — que ce soit à l’époque ottomane, pendant les insurrections serbes de Karadjordje et du prince Miloš, ou plus tard au temps du royaume de Yougoslavie. Le district du Pomoravlje, dont Jagodina est la capitale, fut alors un centre d’activité économique et culturelle important. De l’artisanat à l’industrie : l’essor de Jagodina L’arrivée de immigrés slovaques, tchèques et d’autres peuples d’Europe centrale a contribué à l’essor industriel et intellectuel de la ville. Très vite, Jagodina s’est distinguée dans la production et l’exportation de produits de boucherie – porc, poulet et dinde – grâce à des entreprises renommées comme Klefiš et Yuhor. Cette spécialisation a d’ailleurs valu aux habitants un surnom affectueux : les “dindons” de Jagodina.  L’une des premières brasseries serbes y a vu le jour en 1852 et a fonctionné jusqu’aux années 2010. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville s’est modernisée à grande vitesse, portée par la célèbre usine de câbles, jadis un fleuron de l’industrie yougoslave que le maréchal Tito aimait présenter aux dirigeants du mouvement des pays non alignés. Jagodina, centre éducatif et culturel de la vallée de la Morava Aujourd’hui, malgré la baisse démographique qui a suivi les guerres yougoslaves, Jagodina reste le centre administratif et culturel du Pomoravlje. Elle abrite l’une des plus anciennes facultés de pédagogie de Serbie, rattachée à l’université de Kragujevac, qui forme depuis 1898 presque un siècle et demi des générations d’instituteurs et d’éducateurs. Que faire et que voir à Jagodina ? Pour une ville d’environ 10 000 habitants, Jagodina surprend par sa vitalité culturelle : trois musées y accueillent les visiteurs. Le Musée de l’art naïf, connu dans le monde entier, le Musée du patrimoine retraçant 6 000 ans d’histoire régionale, et enfin le Musée de cire, qui présente les figures les plus marquantes de l’histoire serbe. Le parc municipal, avec sa cascade artificielle, est un lieu de promenade incontournable, tout comme le célèbre Aqua Park, ouvert en 2009, l’un des premier du genre en Serbie. À proximité, la route des vins de Levač et Lozovik invite à la découverte des vignobles et villages alentour. Pour les amateurs d’animation, Jagodina accueille chaque année l’Animator Fest, le festival international du film d’animation. Cet événement incontournable réunit des réalisateurs, étudiants, passionnés et professionnels venus de toute l’Europe pour célébrer la créativité et l’innovation dans le cinéma d’animation. Organisé au Centre Culturel de Jagodina, le festival propose des projections, des ateliers, des rencontres professionnelles ainsi que des compétitions officielles mettant en lumière de jeunes talents comme des artistes reconnus. Image : Cveleglg, licence CC BY 4.0. Où manger et sortir à Jagodina ? Pour goûter aux saveurs locales, rien ne vaut un dîner au restaurant Etno Konak, qui offre une vue panoramique sur la ville et des plats traditionnels.  Les amateurs d’ambiance chic apprécieront le R Club, tandis que les bars Status et Skver sont les lieux parfaits pour observer la vie locale et écouter les dernières nouvelles de la ville. La légende du dindon de Jagodina Mais pourquoi donc appelle-t-on les habitants de Jagodina “les dindons” ? La légende raconte qu’un jour, un dindon fut percuté par un train : sa tête tomba à Jagodina, ses entrailles à Ćuprija et son foie à Paraćin. Depuis, les habitants de Jagodina sont surnommés les Ćurani (les dindons), ceux de Ćuprija les Crevari (les gens des entrailles) et ceux de Paraćin les Džigerani (les gens du foie). Une histoire savoureuse qui témoigne de l’humour typiquement serbe. Sport et personnalités de Jagodina Image : Ванилица — sous  Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International Impossible d’évoquer Jagodina sans mentionner son club de football, qui a remporté la Coupe de Serbie en 2013, inscrivant la ville dans la légende sportive nationale. Personnalité connue liée à Jagodina Le légendaire Milosav Mitrović (1892–1961), surnommé Laosa, qui, depuis les années 1950, est devenu le symbole de la brasserie de Jagodina, était un grand amateur de bière — et c’était la seule boisson qu’il consomma jusqu’à la fin de sa vie. Il est né et a vécu dans le village de Dragovo. Il fut soldat pendant les guerres de 1914–1918, au cours desquelles il fut grièvement blessé, ce qui entraîna l’amputation de ses deux jambes. Selon les chroniques de Dragovo, écrites par Milosav Simić, Laosa était l’une des personnalités les plus aimées de ce village de la région de Rekovac. Il séjournait souvent à Jagodina. Il possédait une calèche et des chevaux, et aimait se promener pour aller boire de la bière dans le célèbre café Šarena kafana. Entre patrimoine historique, traditions culinaires, musées uniques et ambiance locale chaleureuse, Jagodina incarne à merveille l’âme de la Serbie centrale. Cette destination discrète offre une immersion authentique dans la culture serbe, loin des circuits touristiques classiques. Nemanja Dimitrijević, 26 novembre 2025 Liens utile:  Site officielle: Град Јагодина – Град будућности – Насловна страница – Добродошли Centre Aquatique: Aqua Park Jagodina Animator Fest: Animator Fest Jagodina Srbija Image de couverture : Ванилица — sous  Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International

Culture

Quand les pas se répondent à Prnjavor

Une soirée CIOFF qui célèbre la tradition et l’amitié entre les peuples Note d’intention — Cet article n’a pas vocation à tout expliquer. Il veut surtout donner envie : envie de (re)découvrir les danses traditionnelles, d’aller voir un spectacle, de soutenir les troupes et, pour nous, de porter haut la culture serbe. Prnjavor (Mačva, Serbie), 8 août 2025 — Au Centre culturel de Prnjavor, le temps d’un soir, la scène s’est faite carrefour des traditions. Costumes chatoyants, rythmes entêtants, regards complices : une salle entière a vibré au même tempo. À propos du CIOFF Le CIOFF (Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels) réunit festivals, ensembles et passionnés pour préserver, promouvoir et transmettre les cultures populaires du monde. Sa marque de fabrique : la rencontre par la scène, dans le respect des identités et l’envie du partage. Une salle qui rassemble Le spectacle s’est déroulé en salle, sur scène, dans une configuration proche du théâtre : entrées nettes, jeux de lumière précis, enchaînements millimétrés. L’impression d’ensemble ? Une mise en valeur exigeante des artistes et des folklores, servie par une organisation fluide. Djenka, le maître de cérémonie Hommage appuyé à Djenka, présentateur et véritable fil conducteur de la soirée. Tenues changeantes — parfois aux couleurs de la Serbie, parfois en clin d’œil aux pays invités —, sens du rythme, humour discret : il a introduit chaque troupe, honoré les danseurs et entraîné le public avec brio. À chaque passage, un mot juste ; à chaque final, un sourire partagé. Les troupes : temps forts et impressions Argentine — La pulsation du partage Une énergie chaleureuse, quasi familiale. On sent les générations qui se répondent, le geste hérité et réinventé. Les frappes de talons appellent, la salle répond : cercle vertueux qui laisse, longtemps, un sourire sur les lèvres. Russie — Lignes pures, souffle coupé Jeunesse ardente, port altier, précision des lignes. Portés et entrechats flirtent avec la virtuosité gymnique, sans jamais perdre la musicalité du folklore. Plusieurs moments suspendus, suivis d’applaudissements francs. Chypre — L’art de la mesure Ici, l’élégance se niche dans le détail : accessoires tenus avec soin, entrées mesurées, sorties feutrées. Une chorégraphie où chaque silence compte, où le collectif prime sur l’esbroufe. Une île, une âme. France (Bretagne) — Le sel du vent Cercles serrés, mains liées, cadence obsédante : la Bretagne n’explique rien, elle entraîne. On se surprend à battre la mesure, comme happé par un bal intérieur. Republika Srpska — Fierté et précision Des lignes impeccables, des accents justes, une tenue irréprochable. Ce mélange de discipline et de joie qui fait l’éclat des grands ensembles : l’unisson comme promesse, le costume comme fête. Serbie — La maison, les racines Quand les troupes serbes entrent, la salle se transforme. Puissance des rythmes, joie des kola qui se forment, assurance des pas transmis. C’est chez nous, et c’est ouvert à tous : l’hospitalité serbe, en musique et en mouvement. Le moment d’hommage  Point d’orgue : chaque troupe a repris un motif serbe en l’alliant à sa grammaire chorégraphique. Une variation sur le kolo* comme un salut au pays d’accueil : respect de la tradition, liberté de l’interprétation. Unité dans la diversité — l’esprit CIOFF, en acte. Pourquoi cela compte (pour la FJSE) Pour la Fédération des Jeunes Serbes d’Europe, cette soirée est un pont : entre jeunesses d’Europe, entre mémoires familiales et scène d’aujourd’hui, entre la Serbie que nous portons et la curiosité que nous revendiquons. La tradition n’est pas un musée : elle respire quand on danse, elle se transmet quand on invite l’autre à entrer dans la ronde. Merci  Merci au CIOFF pour l’invitation et la confiance. Merci au Centre culturel de Prnjavor pour l’accueil soigné. Merci aux ensembles pour leur générosité. Et merci, surtout, à « Djenka » : votre art de présenter, de relier et d’honorer artistes comme public a donné son tempo à la soirée. *Encadré — Le kolo, en très bref Le kolo est une danse serbe collective, en ronde ou en chaîne, où l’on se tient par la main et où l’on évolue sur des motifs répétitifs à la précision rythmique redoutable. Il en existe de nombreuses variantes régionales. Sa force tient à sa simplicité apparente et à son pouvoir de lien. Stefan Mijajlovic, 19 novembre 2025

Non classé, Tourisme

PRIJEPOLJE- MONTAGNES, RIVIÈRES ET CULTURES

Entre montagnes majestueuses et rivières paisibles, Prijepolje est l’un des trésors cachés de la Serbie. Située au sud-ouest du pays, à la frontière du Monténégro, cette ville séduit par son histoire, sa nature préservée et ses traditions vivantes. Elle est idéale pour les voyageurs curieux souhaitant découvrir une Serbie authentique, où culture et paysages se rencontrent harmonieusement. L’histoire de Prijepolje: Un héritage riche Située au sud-ouest de la Serbie, à la frontière du Monténégro, Prijepolje est une ville où se croisent depuis des siècles les influences orientales et occidentales. Fondée au Moyen Âge, elle fut un important carrefour commercial sur la fameuse route reliant Dubrovnik à Constantinople. Ce mélange culturel se ressent encore aujourd’hui dans son architecture, ses traditions et sa gastronomie. Au fil des siècles, Prijepolje a su préserver son identité tout en accueillant les traces des civilisations qui l’ont traversée. Les minarets se dressent non loin des clochers, les ruelles pavées rappellent l’empreinte ottomane, et les vieilles maisons de pierre témoignent de l’élégance des époques passées. L’histoire de la ville s’entrelace avec celle de ses habitants, toujours fiers de leur héritage et de la richesse de leur région. À ne pas manquer : le monastère de Mileševa Impossible de visiter Prijepolje sans faire un détour par le monastère de Mileševa, joyau du XIIIᵉ siècle. Fondé entre 1234 et 1236 par le roi serbe Stefan Vladislav Iᵉʳ, ce monastère orthodoxe a longtemps été un centre spirituel et culturel majeur. Entouré de collines verdoyantes, il dégage une atmosphère paisible et invite au recueillement. Ses murs blanchis à la chaux, son clocher élancé et ses fresques finement préservées racontent huit siècles d’histoire et de foi. La fresque de l’“Ange Blanc”, fascine par la pureté de ses traits et la douceur de son regard. Véritable symbole de paix et de spiritualité, cette œuvre unique est devenue un emblème national. En 1963, elle fut la première image transmise par satellite d’Europe vers l’Amérique, devenant un message universel d’unité entre les peuples. Autour de l’église principale, les jardins fleuris et les arbres anciens ajoutent à la sérénité du lieu. Le murmure du vent, le son des cloches et le parfum de l’encens créent une ambiance mystique et apaisante, comme si le temps s’était arrêté. Aujourd’hui encore, Mileševa reste un lieu de pèlerinage et un symbole vivant de l’âme serbe, fière de son héritage et ouverte sur le monde. Une nature à couper le souffle Les amoureux de nature seront immédiatement conquis par la beauté des paysages qui entourent la ville. Le parc naturel de la montagne Jadovnik, les gorges spectaculaires de la rivière Lim ou encore les cascades cristallines de Sopotnica offrent des panoramas d’une pureté saisissante. L’eau y coule avec une limpidité remarquable, animant les anciens moulins à eau encore debout, témoins d’un savoir-faire rural ancestral. Plus au sud, les sentiers du mont Kamena Gora invitent à la randonnée. Les forêts denses et les prairies fleuries y offrent un havre de paix où l’on peut respirer l’air pur et admirer l’horizon. En hiver, les montagnes environnantes se couvrent de neige et accueillent les amateurs de ski dans une ambiance paisible et préservée. Où manger à Prijepolje ? La découverte de Prijepolje passe aussi par sa cuisine, véritable reflet de ses influences multiples. Dans les restaurants traditionnels comme Etno Kuća, Ribarska Priča ou Milenium, on retrouve les saveurs typiques de la région : le prijepoljski ćevapi grillé à la perfection, la pita maison dorée et croustillante, ou encore le slatko, confiture artisanale de fruits servie avec un café turc fumant. Chaque plat raconte une histoire, celle d’une terre généreuse et d’un peuple attaché à ses racines. Le festival du Lim : l’été au rythme de la rivière À la tombée du jour, l’ambiance de la ville change. Le centre se remplit de rires et de conversations, et les habitants se retrouvent dans les cafés au bord de la Lim. En été, Prijepolje s’anime encore davantage : concerts en plein air, foires locales et fêtes populaires rassemblent toutes les générations dans une atmosphère conviviale et joyeuse. Parmi les événements les plus attendus, le festival du Lim, ou PP Fest, est un rendez-vous estival incontournable. Cette manifestation, pensée comme un pont entre les cultures, les générations et les loisirs, se déroule chaque année fin juin ou début juillet, autour des dates de la fête de la municipalité. En 2025, le festival s’étend du 28 juin au 12 juillet. Durant ces jours de fête, la ville se transforme : les rives de la rivière Lim, les places publiques et les parcs se remplissent de musique, de rires, d’artisans et de compétitions sportives. Les concerts gratuits, spectacles de rue et expositions côtoient des activités plus sportives comme le rafting, le paragliding ou encore des compétitions ludiques locales comme le “Limski darovi”, concours culinaire et culturel qui célèbre les traditions de la région. Le PP Fest est une invitation à vivre pleinement l’instant : marcher au bord de l’eau quand les notes flottent dans la brise, applaudir un match de basket improvisé dans un parc ou s’installer sur une terrasse pour déguster les spécialités locales au son d’un concert. Le festival célèbre Prijepolje, ses habitants et son environnement naturel, dans un cadre unique où l’intimité et l’authenticité prennent le pas sur la frénésie des grandes villes. Entre montagnes majestueuses et traditions vivantes, Prijepolje incarne à merveille l’âme de la Serbie authentique. C’est une destination où l’histoire rencontre la nature, où chaque regard offre une nouvelle nuance de beauté, et où voyager, parfois, c’est simplement apprendre à savourer la tranquillité. Andrea Adžić, 3 Novembre 2025   Lien utile:  Ville de Prijepolje: https://prijepolje.ls.gov.rs/ Tourisme à Prijepolje: https://turizamprijepolje.co.rs/ PP Fest: https://turizamprijepolje.co.rs/2025/06/18/pp-fest-2025/

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