Nom de l’auteur/autrice :Milica Klajic

Tourisme

Belgrade : ville indestructible qui renaît de ses cendres

Belgrade, là où la Sava embrasse le Danube, une capitale se raconte à voix basse — et parfois en criant. Un nom qui porte une promesse Beli — blanc. Grad — ville. La ville blanche. Certains attribuent ce surnom à la pierre calcaire de la forteresse, éclatante sous le soleil serbe ; d’autres, à l’éclat du Danube au lever du jour. Peu importe : Bograd porte en lui une promesse — celle d’une ville qui, malgré tout ce qu’elle a traversé, continue de briller. Et elle a traversé beaucoup. Une histoire de destructions et de renaissances Belgrade n’a pas simplement grandi. Elle a été bâtie, rasée, reconquise, bombardée, brûlée — et relevée, encore et encore. Avant même l’arrivée des Slaves au IVe siècle avant notre ère, les Celtes y avaient établi Singidunum. Les Romains en firent un camp militaire prospère. À la chute de Rome, les vagues d’envahisseurs se succèdent : Huns, Avars, Byzantins, Bulgares — chaque empire y voit un verrou stratégique. Au Moyen Âge, la ville devient capitale du Royaume de Serbie sous Stefan Lazarević, avant que l’ombre ottomane ne s’allonge sur les Balkans. Les Ottomans s’emparent de Belgrade en 1521 et y resteront, avec quelques interruptions autrichiennes, jusqu’en 1867. Trois siècles et demi de minarets et de cafés à narghilé. Puis viennent la Serbie moderne, deux guerres mondiales — Belgrade est l’une des villes les plus bombardées du XXe siècle —, la Yougoslavie de Tito, la désintégration des années 1990 et les frappes de l’OTAN en 1999. À chaque fois, la ville se relève et réinvente ce qu’elle veut être. Dix endroits secrets où Belgrade se révèle vraiment Kalemegdan domine la confluence des deux fleuves depuis des millénaires. Ses murailles portent les cicatrices d’au moins quarante batailles ; aujourd’hui, elles invitent surtout à la contemplation, le regard perdu vers Novi Beograd dans la lumière ambrée du soir. Le parc de Topčider, longtemps fréquenté par les princes, garde l’élégance des temps passés. Ses allées d’arbres centenaires offrent un havre de fraîcheur à l’écart du tumulte. L’Avala, montagne douce à quelques kilomètres de la capitale, est l’échappée naturelle des Belgradois — forêts profondes, sentiers calmes et panorama embrassant la ville entière. Belgrade Waterfront incarne la ville du XXIe siècle : au bord de la Sava, la Kula Beograd élancée est devenue une icône nouvelle, entourée de cafés et de promenades face au fleuve. Le temple de Saint-Sava, avec sa blancheur éclatante et son dôme vert céladon, veille sur la ville depuis la colline de Vračar. L’intérieur éblouit par ses mosaïques dorées — un lieu où la grandeur spirituelle se passe de mots. Le Konak de la princesse Ljubica, manoir du XIXe siècle à deux pas de la cathédrale, plonge le visiteur dans les débuts de la Serbie indépendante — salons raffinés et meubles sculptés à la croisée des empires. Le parc Tašmajdan repose sur la mémoire d’anciennes carrières. Lieu de rencontre des familles et des étudiants, il prend le soir une atmosphère presque théâtrale sous ses lumières douces. La rue Knez Mihailova, artère piétonne et élégante, relie l’animation moderne aux façades d’époque. C’est ici que le pouls de Belgrade se fait le plus joyeux. Le Musée National, face à la place de la République, rassemble des trésors de l’Antiquité à l’art contemporain — un voyage à travers les couches de la culture serbe et européenne. Skadarlija, ruelle pavée et bohème, est le Montmartre belgradois. Le soir, violons et rires s’y mêlent dans une atmosphère intemporelle qui révèle l’âme populaire de la ville. 3 figures légendaires qui ont grandi à Belgrade Marina Abramović, née en 1946 dans une famille de héros de guerre yougoslaves, a puisé dans Belgrade la discipline et la rébellion — deux faces d’une même pièce. Avant de devenir « la grand-mère de l’art de la performance », elle arpentait ces rues en cherchant les limites de son propre corps. Dans sa résistance se lit quelque chose de profondément belgradois : cette capacité à endurer et à renaître.  © Francesco Pierantoni / Flickr — CC BY 2.0 Dragoš Kalajić, peintre et philosophe né en 1943, est une figure plus secrète de l’imaginaire culturel serbe. Ses toiles monumentales, nourries du symbolisme et de la tradition médiévale, portent une réflexion complexe sur l’identité européenne. Controversé, inclassable, il incarne cette Belgrade intellectuelle qui pense à rebours du monde. Mihailo Petrović Alas, mathématicien né en 1868, est peut-être le fils le plus méconnu de la ville à l’échelle internationale — et l’un des plus brillants. Élève de Henri Poincaré à Paris, fondateur de l’école mathématique serbe, il publia des travaux précurseurs en théorie des équations différentielles. Mais les Belgradois le surnommaient Alas — le pêcheur — car cet homme naviguait entre les théorèmes et le Danube avec la même grâce tranquille. La nuit et la table à Belgrade La nuit belgradoise commence sur l’eau. Les splavovi — clubs-pontons amarrés sur la Sava — mélangent l’informel et l’intense, la musique montant tandis que les lumières de la ville se reflètent dans le courant. Sur terre, Béton Hala propose une scène électronique pointue dans un cadre industriel; La Fayette maintient une exigence musicale rare; Gradska Kafana Club marie tradition et nuit contemporaine. Mais la vraie âme nocturne se trouve à Skadarlija, dans les kafane où les violons jouent jusqu’à l’aube et où le vin local coule sans calcul — pas de dress code, juste des bougies, l’odeur du grillé et des voix qui chantent en chœur sans s’en rendre compte. Côté table, Radnički na Novom Beogradu garde les secrets de la cuisine populaire serbe avec des portions généreuses et des prix honnêtes. Miris Zavičaja — « le parfum du pays natal » — propose une cuisine traditionnelle soignée qui traverse les régions et les saisons. Pour le burek du matin, les boulangeries Ruža et Tripković transmettent encore leur savoir-faire sans compromis. Et Crna Ovca — la Brebis Noire — a fait des glaces un art à part entière : parfums inattendus, textures travaillées, générosité déraisonnable. Belgrade se visite autant avec les yeux

Culture

Pariske tajne slikara i vladara

Zamisli: stojite u pariskom ateljeju, okruženi platnima koja tek treba da postanu deo istorije srpske umetnosti. Ili sedite za istim stolom gde su srpski vladari pregovarali o sudbini jedne male balkanske države, u trenutku kada je Evropa menjala lice. Ovo nije turistička priča o Parizu. Ovo je priča o tome šta Pariz uradi sa čovekom koji mu priđe otvorenog srca — i zatvorenih očiju. Tokom više od jednog veka, srpski vladari, umetnici i intelektualci dolazili su u Pariz ne samo da bi ga videli, već da bi kroz njega oblikovali sebe. Vladar koji je u Francuskoj upoznao evropske ideje slobode i modernog društva, dokje drugi gradio diplomatske veze sa Parizom u trenutku kada Evropa menjala svoje lice.Biće reči i o vladaru koji nije voleo vlast već luksuz Pariza i njegovu umetničku scenu. U isto vreme, u pariskim ateljeima i galerijama, nastaje druga vrsta istorije.Umetnica koja otkriva modernu umetnost i donosi novu energiju srpskom slikarstvu.Slikar koji pronalazi inspiraciju u Monparnasu i stvara dela pod uticajem pariske avangarde. Tu je i enigmatični mladi kolekcionar koji u Parizu sarađuje sa najvažnijim imenima moderne umetnosti i stvara jednu od najfascinantnijih kolekcija svog vremena.I naravno, najpoznatiji srpski slikar koji razume kako Pariz vidi eleganciju, prestiž i sliku društva. Predavanje će se održati u saradnji Kulturnog hira i 4. juna u Parizu. Ovo nije predavanje.Ovo je susret sa pričama koje su čekale da budu ispričane. Rezervišite svoje mesto → ⚠ Poslednji put smo se popunili za 48 sati. Ne čekajte.

Culture

Recension du recueil de poésie de Simona Dmitrovic

À l’occasion de la sortie du recueil de poésie de Simona Dmitrović, Hormis l’incendie de forêt, coédité par Slavitude et PLAN B éditions, Zacharie Zaoui, titulaire d’un master MEGEN de la Sorbonne, a rédigé une recension de l’ouvrage.Je vous laisse la decouvrire dans la suite. 

Tourisme

Šabac, l’âme serbe à l’état pur

À seulement une heure de route de Belgrade, Šabac est une destination idéale pour découvrir une Serbie authentique, entre patrimoine historique, nature paisible et traditions vivantes. Située le long de la rivière Sava, cette ville au charme provincial séduit par son atmosphère conviviale, sa richesse culturelle et sa douceur de vivre. Si vous cherchez une destination encore préservée du tourisme de masse, où histoire, gastronomie et festivités locales se rencontrent, Šabac mérite une place sur votre itinéraire. Que visiter à Šabac ? La forteresse de Sabac Dominant Šabac, la forteresse de la ville est bien plus qu’un simple monument : elle incarne l’histoire mouvementée d’une région située au carrefour des empires et des civilisations. Érigée et reconstruite à plusieurs reprises entre le XVe et le XVIIIe siècle, elle témoigne des luttes successives entre l’Empire ottoman et l’Empire austro-hongrois pour le contrôle de ce territoire stratégique. Šabac fut longtemps une ville frontière, marquée par les guerres, les résistances et les bouleversements politiques qui ont profondément façonné l’histoire serbe.En parcourant ses remparts de pierre, on ressent encore le poids de ce passé : chaque mur semble raconter les sièges, les conquêtes et les périodes de reconstruction qui ont forgé l’identité nationale. Depuis ses tours, la vue panoramique sur la ville et la rivière offre aujourd’hui un contraste saisissant entre la sérénité du paysage et la mémoire historique du lieu. Cette promenade devient ainsi un véritable voyage dans le temps, où l’histoire se respire à chaque pas. Le centre ville Le centre-ville prolonge cette immersion historique tout en révélant une atmosphère vivante et chaleureuse. Facile à parcourir à pied, sa rue piétonne animée est bordée de façades élégantes, de bâtiments anciens et de cafés traditionnels qui témoignent du passé prospère de la ville au XIXᵉ siècle, lorsque Šabac était l’un des centres économiques et culturels les plus dynamiques de Serbie. L’architecture y reflète les influences ottomanes et austro-hongroises, symboles des différentes dominations qui ont marqué la région et façonné son identité culturelle.En flânant dans ces rues, en dégustant un espresso ou une pâtisserie locale, on observe le rythme quotidien des habitants et l’on découvre une ville où le passé et le présent coexistent harmonieusement. Cette atmosphère particulière fait de Šabac un lieu emblématique de la résilience serbe, où la richesse culturelle s’est construite à travers les épreuves de l’histoire. Monastère de Kaona Pour ceux qui recherchent calme et spiritualité, le Monastère de Kaona constitue une étape incontournable. Fondé au XIVᵉ siècle, à une époque où les monastères jouaient un rôle essentiel dans la préservation de la culture, de la foi et de l’identité serbes face aux invasions, ce lieu possède une importance symbolique profonde. Pendant les périodes de domination ottomane, ces sanctuaires furent des centres de résistance spirituelle et culturelle, où la tradition orthodoxe et le patrimoine serbe furent protégés et transmis de génération en génération.Situé au cœur d’une nature préservée et entouré de forêts, le monastère offre aujourd’hui un cadre apaisant propice à la contemplation. Le silence, le chant des oiseaux et l’atmosphère mystique du lieu invitent à ralentir et à ressentir la dimension spirituelle qui occupe une place centrale dans l’histoire et la culture serbes. Photo du Monastere Kaona — © Mikisa84, sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported. Musée National Le musée national de la ville permet quant à lui d’approfondir la compréhension de ce passé complexe. À travers ses collections d’archéologie et ses expositions consacrées à l’époque ottomane, aux conflits régionaux et aux grandes transformations sociales, il retrace les événements qui ont marqué Šabac et en ont fait l’une des villes à l’histoire la plus marquante de Serbie. On y découvre notamment le rôle crucial de la ville lors des grands bouleversements européens et des conflits qui ont profondément touché la population locale. Photo du Narodni muzej Šabac — © Nikolina Šepić, sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 (CC BY-SA 4.0). La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Šabac, située au cœur de la ville, complète cette découverte historique et culturelle. Représentative de l’architecture religieuse serbe, elle illustre l’importance de la foi orthodoxe dans la vie quotidienne et dans la construction de l’identité nationale. Plus qu’un lieu de culte, elle symbolise la continuité des traditions et la force spirituelle d’un peuple dont l’histoire a été marquée par de nombreuses épreuves. Personnages important qui on marquer la ville de Šabac Desanka Maksimović (1898–1993) Desanka Maksimović est la plus grande poétesse serbe et l’écrivaine serbe la plus largement publiée et récompensée de son siècle. Avant de conquérir les lettres serbes, c’est à Šabac qu’elle a posé ses valises, en tant que professeure dans un lycée de la ville — un chapitre discret mais fondateur de sa vie. C’est dans cette ville de la Sava, au contact de ses élèves et de l’âme provinciale serbe, qu’elle a continué à affiner sa plume et à forger sa sensibilité littéraire. Au cours de sa carrière de plus de 70 ans, elle a produit une cinquantaine de livres et est devenue membre de l’Académie serbe des sciences et des arts. Šabac peut ainsi se targuer d’avoir accueilli et inspiré celle que toute une nation appelle simplement « notre Desanka ». Stojan Novaković (1842–1915) Stojan Novaković, né en 1842 à Šabac, fut philologue, historien et homme politique, l’une des figures intellectuelles les plus marquantes de la Serbie du XIXe siècle. À l’image de sa ville natale, il porta en lui ce mélange rare entre profondeur culturelle et engagement civique. Šabac, qui imprima dès 1883 le premier journal serbe, était déjà une ville de penseurs et de bâtisseurs. Flâner sur ses berges de la Sava, c’est marcher dans les pas de ceux qui ont écrit l’histoire d’une nation. Vladimir Jovanović (1833–1922) Vladimir Jovanović est l’une des figures intellectuelles les plus remarquables que Šabac ait données à la Serbie moderne. Né dans cette ville de la Sava le 28 septembre 1833, cet économiste, journaliste et homme politique de premier plan allait incarner, tout au long d’une vie traversant presque un siècle entier, l’idéal libéral dans ce qu’il avait de plus exigeant et

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