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Tourisme

Šabac, l’âme serbe à l’état pur

À seulement une heure de route de Belgrade, Šabac est une destination idéale pour découvrir une Serbie authentique, entre patrimoine historique, nature paisible et traditions vivantes. Située le long de la rivière Sava, cette ville au charme provincial séduit par son atmosphère conviviale, sa richesse culturelle et sa douceur de vivre. Si vous cherchez une destination encore préservée du tourisme de masse, où histoire, gastronomie et festivités locales se rencontrent, Šabac mérite une place sur votre itinéraire. Que visiter à Šabac ? La forteresse de Sabac Dominant Šabac, la forteresse de la ville est bien plus qu’un simple monument : elle incarne l’histoire mouvementée d’une région située au carrefour des empires et des civilisations. Érigée et reconstruite à plusieurs reprises entre le XVe et le XVIIIe siècle, elle témoigne des luttes successives entre l’Empire ottoman et l’Empire austro-hongrois pour le contrôle de ce territoire stratégique. Šabac fut longtemps une ville frontière, marquée par les guerres, les résistances et les bouleversements politiques qui ont profondément façonné l’histoire serbe.En parcourant ses remparts de pierre, on ressent encore le poids de ce passé : chaque mur semble raconter les sièges, les conquêtes et les périodes de reconstruction qui ont forgé l’identité nationale. Depuis ses tours, la vue panoramique sur la ville et la rivière offre aujourd’hui un contraste saisissant entre la sérénité du paysage et la mémoire historique du lieu. Cette promenade devient ainsi un véritable voyage dans le temps, où l’histoire se respire à chaque pas. Le centre ville Le centre-ville prolonge cette immersion historique tout en révélant une atmosphère vivante et chaleureuse. Facile à parcourir à pied, sa rue piétonne animée est bordée de façades élégantes, de bâtiments anciens et de cafés traditionnels qui témoignent du passé prospère de la ville au XIXᵉ siècle, lorsque Šabac était l’un des centres économiques et culturels les plus dynamiques de Serbie. L’architecture y reflète les influences ottomanes et austro-hongroises, symboles des différentes dominations qui ont marqué la région et façonné son identité culturelle.En flânant dans ces rues, en dégustant un espresso ou une pâtisserie locale, on observe le rythme quotidien des habitants et l’on découvre une ville où le passé et le présent coexistent harmonieusement. Cette atmosphère particulière fait de Šabac un lieu emblématique de la résilience serbe, où la richesse culturelle s’est construite à travers les épreuves de l’histoire. Monastère de Kaona Pour ceux qui recherchent calme et spiritualité, le Monastère de Kaona constitue une étape incontournable. Fondé au XIVᵉ siècle, à une époque où les monastères jouaient un rôle essentiel dans la préservation de la culture, de la foi et de l’identité serbes face aux invasions, ce lieu possède une importance symbolique profonde. Pendant les périodes de domination ottomane, ces sanctuaires furent des centres de résistance spirituelle et culturelle, où la tradition orthodoxe et le patrimoine serbe furent protégés et transmis de génération en génération.Situé au cœur d’une nature préservée et entouré de forêts, le monastère offre aujourd’hui un cadre apaisant propice à la contemplation. Le silence, le chant des oiseaux et l’atmosphère mystique du lieu invitent à ralentir et à ressentir la dimension spirituelle qui occupe une place centrale dans l’histoire et la culture serbes. Photo du Monastere Kaona — © Mikisa84, sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported. Musée National Le musée national de la ville permet quant à lui d’approfondir la compréhension de ce passé complexe. À travers ses collections d’archéologie et ses expositions consacrées à l’époque ottomane, aux conflits régionaux et aux grandes transformations sociales, il retrace les événements qui ont marqué Šabac et en ont fait l’une des villes à l’histoire la plus marquante de Serbie. On y découvre notamment le rôle crucial de la ville lors des grands bouleversements européens et des conflits qui ont profondément touché la population locale. Photo du Narodni muzej Šabac — © Nikolina Šepić, sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 (CC BY-SA 4.0). La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Šabac, située au cœur de la ville, complète cette découverte historique et culturelle. Représentative de l’architecture religieuse serbe, elle illustre l’importance de la foi orthodoxe dans la vie quotidienne et dans la construction de l’identité nationale. Plus qu’un lieu de culte, elle symbolise la continuité des traditions et la force spirituelle d’un peuple dont l’histoire a été marquée par de nombreuses épreuves. Personnages important qui on marquer la ville de Šabac Desanka Maksimović (1898–1993) Desanka Maksimović est la plus grande poétesse serbe et l’écrivaine serbe la plus largement publiée et récompensée de son siècle. Avant de conquérir les lettres serbes, c’est à Šabac qu’elle a posé ses valises, en tant que professeure dans un lycée de la ville — un chapitre discret mais fondateur de sa vie. C’est dans cette ville de la Sava, au contact de ses élèves et de l’âme provinciale serbe, qu’elle a continué à affiner sa plume et à forger sa sensibilité littéraire. Au cours de sa carrière de plus de 70 ans, elle a produit une cinquantaine de livres et est devenue membre de l’Académie serbe des sciences et des arts. Šabac peut ainsi se targuer d’avoir accueilli et inspiré celle que toute une nation appelle simplement « notre Desanka ». Stojan Novaković (1842–1915) Stojan Novaković, né en 1842 à Šabac, fut philologue, historien et homme politique, l’une des figures intellectuelles les plus marquantes de la Serbie du XIXe siècle. À l’image de sa ville natale, il porta en lui ce mélange rare entre profondeur culturelle et engagement civique. Šabac, qui imprima dès 1883 le premier journal serbe, était déjà une ville de penseurs et de bâtisseurs. Flâner sur ses berges de la Sava, c’est marcher dans les pas de ceux qui ont écrit l’histoire d’une nation. Vladimir Jovanović (1833–1922) Vladimir Jovanović est l’une des figures intellectuelles les plus remarquables que Šabac ait données à la Serbie moderne. Né dans cette ville de la Sava le 28 septembre 1833, cet économiste, journaliste et homme politique de premier plan allait incarner, tout au long d’une vie traversant presque un siècle entier, l’idéal libéral dans ce qu’il avait de plus exigeant et

Culture

Quand les pas se répondent à Prnjavor

Une soirée CIOFF qui célèbre la tradition et l’amitié entre les peuples Note d’intention — Cet article n’a pas vocation à tout expliquer. Il veut surtout donner envie : envie de (re)découvrir les danses traditionnelles, d’aller voir un spectacle, de soutenir les troupes et, pour nous, de porter haut la culture serbe. Prnjavor (Mačva, Serbie), 8 août 2025 — Au Centre culturel de Prnjavor, le temps d’un soir, la scène s’est faite carrefour des traditions. Costumes chatoyants, rythmes entêtants, regards complices : une salle entière a vibré au même tempo. À propos du CIOFF Le CIOFF (Conseil international des organisations de festivals de folklore et d’arts traditionnels) réunit festivals, ensembles et passionnés pour préserver, promouvoir et transmettre les cultures populaires du monde. Sa marque de fabrique : la rencontre par la scène, dans le respect des identités et l’envie du partage. Une salle qui rassemble Le spectacle s’est déroulé en salle, sur scène, dans une configuration proche du théâtre : entrées nettes, jeux de lumière précis, enchaînements millimétrés. L’impression d’ensemble ? Une mise en valeur exigeante des artistes et des folklores, servie par une organisation fluide. Djenka, le maître de cérémonie Hommage appuyé à Djenka, présentateur et véritable fil conducteur de la soirée. Tenues changeantes — parfois aux couleurs de la Serbie, parfois en clin d’œil aux pays invités —, sens du rythme, humour discret : il a introduit chaque troupe, honoré les danseurs et entraîné le public avec brio. À chaque passage, un mot juste ; à chaque final, un sourire partagé. Les troupes : temps forts et impressions Argentine — La pulsation du partage Une énergie chaleureuse, quasi familiale. On sent les générations qui se répondent, le geste hérité et réinventé. Les frappes de talons appellent, la salle répond : cercle vertueux qui laisse, longtemps, un sourire sur les lèvres. Russie — Lignes pures, souffle coupé Jeunesse ardente, port altier, précision des lignes. Portés et entrechats flirtent avec la virtuosité gymnique, sans jamais perdre la musicalité du folklore. Plusieurs moments suspendus, suivis d’applaudissements francs. Chypre — L’art de la mesure Ici, l’élégance se niche dans le détail : accessoires tenus avec soin, entrées mesurées, sorties feutrées. Une chorégraphie où chaque silence compte, où le collectif prime sur l’esbroufe. Une île, une âme. France (Bretagne) — Le sel du vent Cercles serrés, mains liées, cadence obsédante : la Bretagne n’explique rien, elle entraîne. On se surprend à battre la mesure, comme happé par un bal intérieur. Republika Srpska — Fierté et précision Des lignes impeccables, des accents justes, une tenue irréprochable. Ce mélange de discipline et de joie qui fait l’éclat des grands ensembles : l’unisson comme promesse, le costume comme fête. Serbie — La maison, les racines Quand les troupes serbes entrent, la salle se transforme. Puissance des rythmes, joie des kola qui se forment, assurance des pas transmis. C’est chez nous, et c’est ouvert à tous : l’hospitalité serbe, en musique et en mouvement. Le moment d’hommage  Point d’orgue : chaque troupe a repris un motif serbe en l’alliant à sa grammaire chorégraphique. Une variation sur le kolo* comme un salut au pays d’accueil : respect de la tradition, liberté de l’interprétation. Unité dans la diversité — l’esprit CIOFF, en acte. Pourquoi cela compte (pour la FJSE) Pour la Fédération des Jeunes Serbes d’Europe, cette soirée est un pont : entre jeunesses d’Europe, entre mémoires familiales et scène d’aujourd’hui, entre la Serbie que nous portons et la curiosité que nous revendiquons. La tradition n’est pas un musée : elle respire quand on danse, elle se transmet quand on invite l’autre à entrer dans la ronde. Merci  Merci au CIOFF pour l’invitation et la confiance. Merci au Centre culturel de Prnjavor pour l’accueil soigné. Merci aux ensembles pour leur générosité. Et merci, surtout, à « Djenka » : votre art de présenter, de relier et d’honorer artistes comme public a donné son tempo à la soirée. *Encadré — Le kolo, en très bref Le kolo est une danse serbe collective, en ronde ou en chaîne, où l’on se tient par la main et où l’on évolue sur des motifs répétitifs à la précision rythmique redoutable. Il en existe de nombreuses variantes régionales. Sa force tient à sa simplicité apparente et à son pouvoir de lien. Stefan Mijajlovic, 19 novembre 2025

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